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Extraits des rapports réflexifs |
Remarque : le code d'identification (ou d'anonymat) des participants n'est pas le même que celui utilisé pour les analyses de groupe, i.e. AP1 dans ce document ne correspond pas à la même personne que celle dénotée AP1 dans l'autre document. Nous avons essayé d'anonymer autant que faire se peut (les noms des tuteurs et coordinateurs ont été laissés en l'état). Nous avons également omis certains passages moins importants. Vous noterez la qualité du travail réflexif présent dans les rapports listés ci-après. Si certaines personnes se sentent un peu gênées par certains passages que nous aurions oubliés de cacher, qu'elles veuillent bien nous en excuser. Nous pensons que ce travail de lectures croisées est une étape importante de l'apprentissage du collaboratif. Il constitue aussi un retour des analyses que vous nous avez envoyées individuellement.
Les moments de négociation sur centra on été les moments d’apprentissage par excellence : chacun défend son point de vue par ses expériences ou ses connaissances. Au cours de ces négociations nous arrivions à des solutions de rapprochement qui sont la preuve du changement de notre structure cognitive de départ.
J’en ai conclu, que chaque membre du groupe est une source d’apprentissage pour l’autre. Un travail collaboratif réussi est celui au cours duquel les pairs arrivent à un consensus qui soit, concilie entre les différentes idées du groupe, soit retiennent l’une des propositions jugée la plus pertinente par l’ensemble du groupe.
L’outil technique du dispositif qui a le plus soutenu cette phase de négociation est la plate-forme audio-synchrone Centra, Elle a été notre outil de négociation privilégié. Les forums de discussion étaient beaucoup plus utilisés pour la collecte d’informations que pour les prises de décisions.
Le deuxième cas est celui qui reflète l’apprentissage du groupe en terme de travail collaboratif. J’ai personnellement vécu cette situation dans notre groupe : nous nous sommes toutes et tous réuni(e)s sur centra pour les dernières modifications. On ne s’est quitté qu’une fois le travail publié. Cette dernière étape, est d’après moi, celle où le groupe confirme son évolution vers une communauté d’apprenants.
D’une façon assez générale sur mon expérience d’apprentissage en terme de travail collaboratif, je noterai que :La seule conditions défavorables que j’ai relevé dans mon expérience est l’absence de consigne claires : au début du travail collaboratif, la consigne de travail annoncée dans le descriptif du projet INTI n’a pas clairement été émises. A titre d’illustration la consigne de notre travail a été la suivante : « Classe virtuelle pour enfants malades : [….] il s’agit de mettre en place une classe virtuelle couvrant tout le niveau second (par exemple) pour enfants handicapés… » il y a dans la consigne confusion entre deux termes (malade et handicapé) qui correspondent à deux types de publics différents et auxquels correspondent deux conceptions de formation à distance différentes. Face à l’ambiguïté de la consigne, nous avons dû fixer le sens des termes utilisés dans la consigne pour pouvoir ensuite, faire des choix. Le manque de clarté des consignes crée des ambiguïtés qui retardent le commencement réel du projet.
Difficile mais agréable moment que celui-ci... Difficile de se retourner sur ces deux mois fous... mais qu'il est agréable de redécouvrir la somme de travail fourni ! Malgré cette difficulté, je vais essayer de rendre compte ici de ma perception et de mon analyse de ce moment intense et si particulier. Pour ce faire je suivrai le plan suivant : je tenterai de décrire et d'analyser mon expérience personnelle, j'aborderai quelques modifications possibles et enfin quelques perspectives.
Mon expérience... Quelle expérience ! Revenons tout d'abord sur un hasard : je n'avais jamais entendu parler d'Inti avant qu'on me propose d'intégrer cette formation... Désirant valider professionnellement des compétences informatiques privées, quelques échanges de courrier électronique auront suffi à me convaincre et à vous convaincre... Deux mois plus tard débutera l'expérience...
Expérience me semble le vocable approprié pour définir cette formation : si j'en suis les définitions du TLF, l'expérience est le " fait d'acquérir, volontairement ou non, ou de développer la connaissance des êtres et des choses par leur pratique et par une confrontation plus ou moins longue de soi avec le monde " mais aussi " le résultat de cette acquisition; ensemble des connaissances concrètes acquises par l'usage et le contact avec la réalité de la vie, et prêtes à être mises en pratique ".
" Acquérir et développer la connaissance des êtres " restera le point fort de cette formation. Cinq personnes d'univers différents réunis en un même lieu virtuel... Dès la première rencontre tout a semblé se mettre en oeuvre... L'ambiance qui s'est établie lors de cette première séance Centra a été déterminante pour la suite : convivialité et respect de l'autre resteront présents lors de toutes nos rencontres. Il semble néanmoins que ce point ne soit pas le fait d'un complet hasard : le groupe réunissait dès sa constitution des éléments favorables tels que le panel de compétences de chacun ou encore son origine professionnelle. Ces éléments bien que présents ne feront cependant pas seuls la réussite du travail coopératif : chacun a su gérer son tempérament et ses sentiments afin de garder la convivialité installée et de faire avancer le groupe, la négociation douce a été le maître mot de nos rencontres, aucun mot prononcé n'aura été plus au haut que le précédent et malgré cela chacun a réussi il me semble à exprimer ses opinions et ses préférences tout en acceptant celles des autres.
La conscience de participer à une expérience peu commune et la volonté de parvenir à réaliser un travail de qualité auront été pour beaucoup dans la réussite du groupe, elles auront également permis à XX de nous rejoindre et de continuer l'aventure au sein du groupe. Cette arrivée aura été une réussite individuelle pour XX et collective pour le groupe : XX est parvenue à prendre le train en marche et à s'y installer, nos tentatives pour que cette rencontre s'effectue et soit pérenne n'auront pas été vaines. Elle a su apporter une nouvelle vision des choses et une autre sensibilité. Nous n'avons néanmoins pu retrouver XR malgré de nombreux appels et invitations à nos réunions, mais il ne me semble pas que cela soit dû au groupe : je pense que XR n'est pas parvenue, pour des raisons de disponibilité ou de volonté, à trouver les ressources nécessaires pour s'investir dans cette formation.
L'arrivée d'XX aura été l'un des principaux temps fort de cette expérience. D'autres l'ont précédé ou suivi. Le choix du sujet aura été également important : du thème des enfants malades proposé, nous avons peu à peu trouver notre sujet grâce à nos fouilles sur Internet et l'écoute de l'expérience de chacun (Jacques aura été ici comme lors de toute cette formation un véritable catalyseur). Cette phase se déroulera tout en douceur, le groupe avançant doucement mais sûrement, à son rythme, sans brûler d'étapes et en cernant chaque jour un peu plus le sujet d'une future production. Chaque séance Centra aura été un moment fort de cette progression : le forum nous aura permis de lieu d'amorces de pistes de réflexion, pistes discutées et validées ou non lors de nos séances Centra hebdomadaires. Les séances synchrones ont ainsi balisé notre progression, le lundi est donc vite devenu le jour des décisions importantes. Cette progression réflexive nous a permis de cerner complètement notre sujet et d'établir une image collective du projet terminé : il me semble que lorsque nous avons commencé le travail de mise en forme tout était clair dans l'esprit de chacun, la production finale était alors aboutie dans le fond.
Restait donc la forme... " le résultat de cette acquisition; ensemble des connaissances concrètes acquises par l'usage et le contact avec la réalité de la vie, et prêtes à être mises en pratique "... Cette définition colle au mieux au but que chacun a voulu donner à notre production. La confiance mutuelle au sein du groupe était alors entièrement établie. X3, X2, XX et Jacques m'ont alors confié une part importante de notre travail : la mise en forme des pages html. Cette confiance m'a beaucoup touché et a encore ajouté à ma motivation de bien faire : cette répartition des tâches couplée à une confiance quasi aveugle en l'autre est l'un des principaux facteurs de réussite de ce groupe. Ce partage de responsabilité assumée (nous aurons tous utilisé Centra en tant que présentateur, nous aurons tous rédigé et annoté les synthèses) a permis l'investissement extraordinaire de chacun dans le travail du groupe. Chacun travaille pour le groupe et le groupe travaille pour chacun (X3 dixit...), les cinq mousquetaires en quelque sorte... C'est dans cette phase que j'ai pris et qu'on m'a laissé prendre le rôle de moteur du groupe. Ce rôle n'a pas été réfléchi, en pleine confiance et persuadé comme mes camarades de la qualité des moments passés ensemble, j'ai voulu tout mettre de notre côté afin que nous puissions atteindre notre but. J'ose avouer désormais que les messages laissés sur les blogs m'ont motivé et m'ont parfois presque fait rougir...
Cette phase de mise en forme m'a permis d'exercer ma passion de l'informatique et d'augmenter mes compétences dans le domaine de la création d'un site internet. Ce fut un réel plaisir de mettre les mains dans le cambouis du code source, d'installer de nouveaux outils tels que module de chat, porte-document, livre d'or, messagerie ou forum. Réaliser ce site à deux niveaux, réflexif et illustratif, s'est rapidement imposé à nous : il nous a semblé qu'une illustration de nos réflexions était nécessaire pour aider le visiteur à visualiser notre démarche. L'interface sobre, l'utilisation simple et la mise à disposition d'un ensemble d'outil sont la base de cette illustration : ils permettent ainsi à chaque utilisateur de ne n'avoir aucun logiciel à installer, tout est à disposition immédiate et est clairement identifiable. L'utilisation de logiciels libres, évidence pour moi a été parfaitement acceptée et comprise par mes collègues, le fait qu'ils décident de mettre cet emploi en avant en me demandant de rédiger un texte de présentation de ces logiciels fut pour moi un autre moment fort : convaincre du bien fondé et de l'utilité des logiciels libres n'est souvent pas chose facile face à l'hégémonie et aux matraquages que l'on peut subir dès l'école et au quotidien par le monopole Windows...
Cette expérience a fait évoluer positivement mes représentations initiales d'une telle formation. Mes craintes se sont peu à peu dissipées : le travail à distance est possible avec des personnes d'univers fort différents et le travail coopératif peut rapidement se transformer par la volonté commune en un travail collaboratif de qualité. Le point d'orgue de cette collaboration restera le jour du rendu des projets : persuadés d'avoir encore quelques jours nous continuions à aller à notre rythme, les dernières heures passées à mettre à jour notre site ont sensiblement accélérer notre vitesse de croisière. En trois heures, chacun a produit une somme de travail considérable : rédaction et mise en page n'auront jamais été si efficaces qu'avec cette pression du temps. Nos apprentissages en matière de négociation et de collaboration sortent nettement grandis de cette expérience.
Le rôle de tuteur qu'a assumé Jacques a été essentiel. Le sens premier de ce mot me semble qualifier au mieux son fantastique travail : le tuteur a été là pour soutenir la jeune pousse groupe 1 dans ses premières heures, il lui a ensuite proposé de se développer en se calant contre lui et il s'est peu à peu fondu au tronc de l'arbre naissant pour enfin faire partie intégrante de l'arbre stabilisé sur ses racines. Jacques a réellement été notre précieux guide : sa disponibilité, son respect, ses conseils et ses pistes ont permis ce travail abouti. Je me permets donc ici de saluer ce grand Monsieur Ménigoz...
Je relis ces deux premières pages... On pourrait y voir une vision idyllique, ce n'est que ma vision de notre chemin commun. Je n'ai pas trouvé de points négatifs à cette expérience de travail de groupe. Notre dernière séance Centra ne nous en a pas plus apporté... Les seuls bémols que j'ai à apporter concernent les outils mis à notre disposition. Je n'ai pas connu comme d'autres la barrière technique lors des premières utilisations mais il me semble toutefois que ces outils mériteraient quelques améliorations. Je vous expose mes propositions : ? le forum : j'ai été gêné par l'impossibilité de gérer ses propres messages. Lorsqu'un message est envoyé, aucune possibilité de le modifier ou de le supprimer. J'aurai aimé pouvoir supprimer directement les nombreux doublons ou quelques erreurs orthographiques... ? Centra : deux de nos séances ont été gâchées par des problèmes de connexion. De plus, cette classe virtuelle oblige la possession des logiciels Internet Explorer et PowerPoint. Ne possédant ni l'un ni l'autre car utilisant quasi exclusivement des logiciels libres, ces éléments ont été un obstacle pour moi. J'ai donc été obligé d'installer le premier désinstallé volontairement depuis deux ans et de contourner l'obligation de posséder le deuxième en transformant mes diaporamas en fichiers flash... Ces derniers éléments ne sont que des détails mais il fallait bien que je tempère ce texte par quelques points négatifs !
Plusieurs points concernant Inti : la charge de travail, l'utilisation du blog et la phase de vote. La charge de travail est importante. Il est finalement assez difficile de réaliser cette formation en dehors du temps de travail pour les personnes en poste. Sans des horaires particuliers, le soutien inconditionnel du groupe et une grande motivation je ne pense pas que j'aurais réussi à soutenir le rythme imposé. J'ajouterai que la période de vacances (qui n'en furent finalement pas...) reste importante pour des personnels en poste : elle a coïncidé avec la période de rendu des projets et ne m'a donc pas permis de profiter de ce moment de repos, ce qui commence à se faire ressentir... L'utilisation du blog, bien que très intéressante d'un point de vue personnel, ne semble pas avoir rempli sa fonction de communication de ses appréciations personnelles à ses pairs. Plusieurs raisons à cela : certains blogs sont restés quasiment vides, d'autres n'ont pas été ouverts à la lecture par les autres participants et enfin peu de personnes se sont prêtées au jeu de laisser des commentaires (manque de temps ? de culture du blog ?). Autre point, les participants auraient peut-être eu besoin d'un tutoriel ou d'une petite formation concernant l'amélioration de leurs blogs. Parmi tous les blogs, certains comme ceux de Jacques Cartier ou, j'ose le dire, le mien, font figure d'extraterrestres quant à leur présentation ! Là n'est pas le but de cette formation mais cela aurait pu ajouté une touche de convivialité.
La phase de vote m'a posé et me pose encore problème. Elle est semble-t-il trop proche de la fin du rendu des projets : comment avoir assez de recul pour juger de la qualité d'un travail fourni quand on sort de deux mois passés sur un projet qui demande tant d'investissements ? Le vote pose également le problème plus général de l'évaluation (le vote peut-il être considéré comme évaluation ?) : une " simple " évaluation sommative peut-elle clore ces deux mois de travaux ? Enfin, le classement final me semble assez éloigné du travail collaboratif : les retours et les échanges autour des productions de chaque groupe on été quasi inexistantes, ont-elles été effacées par cette nécessité de voter qui a induit une concurrence entre les projets ? Cette phase m'a semblé la plus difficile à réaliser, elle m'a beaucoup questionné. Une solution qui m'est apparue serait de supprimer ce vote pour le remplacer par une grille d'évaluation commune et la publication des grilles de chaque groupe : ainsi chaque pourrait voir aisément où il a pêché ou réussi dans sa tâche.
En ce qui concerne l'utilisation de cette expérience dans un contexte différent, les possibilités me semblent désormais très grandes. Cet outil pourrait être utilisé pour des réflexions communes de personnes éloignées géographiquement, pour des réunions de synthèses entre professionnels engagés dans un processus de soin (comme nous l'avons d'ailleurs proposé dans notre projet), pour des échanges entre écoles, collèges, lycées ou universités éloignés... Les mises en place d'un outil de communication synchrone et asynchrone offrent de réelles nouvelles possibilités de communication. J'ajouterai néanmoins quelques remarques : il faut toutefois rester vigilant quant à leur utilisation, les espaces virtuels ne doivent ni remplacer les contacts physiques entre les personnes ni se substituer à des formations faites en présentiel. Je pense que de telles dérives sont malheureusement possibles, chacun doit rester vigilant à ne pas en faire un outil de remplacement mais bien un apport nouveau.
Voici donc ma contribution à l'analyse générale de l'expérience Inti. Cette analyse vous semblera peut-être peu conventionnelle par la grande place laissée à l'affectif et à l'humain... Je ne voyais pas d'autres choix possible ici, Inti restera pour moi plus qu'une simple formation, ces trois mois passés ensemble auront été une véritable aventure humaine. Aventure que je ne parviens pas encore à imaginer comme terminée... Notre projet vivra certainement encore quelques temps après Inti : j'aimerais pouvoir obtenir des critiques de nos travaux de la part de personnes directement concernées par la phobie scolaire et pourquoi pas voir un tel projet mis en place afin d'aider réellement un élève atteint de phobie scolaire...
Analyser ou créer un usage des TICE et le situer dans une typologie d’usage Nous sommes partis d’abord de l’apprenant et des ses besoins en identifiant les caractéristiques de la maladie. Qu’est-ce que la phobie scolaire ? puis la réflexion a portée sur les apports d’une classe virtuelle dans ce contexte. Je pense que ce sont ces interrogations successives qui nous ont conduit à l’analyse d’un possible usage des TIC et non l’inverse. Les TIC s’inscrivent véritablement comme un outil et non comme une fin car pensées dans la perspective d’un usage
Diffuser son travail : la réalisation d’un site
Le moment le plus représentatif de cette construction technique de groupe a été une réunion éclair programmée sur Centra et combinée avec MSN pour permettre la mise à jour des documents en local puis leurs transmissions à X1 qui les basculait sur filezilla. La répartition du travail s’est révélée très productive entre les uns assurant la relecture et la rédaction des derniers textes et les autres assurant la correction et le postage sur hotmail.
Pour moi c’est un moment mémorable de cette aventure INTI tant j’ai senti la cohésion du groupe et sa créativité.
Se pose maintenant la question de faire connaître ce travail auprès des partenaires : SAPAD, CREBEP. Nous avons même envisagé une information auprès de l’URCAM de Franche-Comté (où je vais effectuer mon stage).
Dans une perspective de partage et de réutilisabilté, peut-être serait-il opportun de référencer ces travaux et de les déposer dans un vivier de connaissances ?
Au niveau de la gestion du groupe : la négociation du projet commun s’est effectuée sans trop de problèmes après avoir exploré et défini les champs possibles (enfants malades ? handicapés ? quelle maladie ? qu’est-ce que la phobie scolaire ? Les besoins ? Le niveau ? Les situations de références ? Les partenaires ?). La répartition des rôles et son alternance élargissait les compétences de chacun. On apprend par le groupe, chacun apportant son expertise (symétrie de l’ignorance). Ainsi, l’organisation des séances sur centra a permis de développer la maîtrise de l’outil technique aidé par notre tuteur, Jacques, et X1 « l’expert technologies ». L’animation de la réunion synchrone nécessitait un travail de préparation de l’ordre du jour. C’était l’occasion d’une analyse et d’une mise en perspective du travail déjà effectué. La rédaction de la synthèse exigeait un retour sur les échanges, l’établissement de liens avec la programmation et les objectifs d’INTI, avec les informations rassemblées sur le forum. Elle constituait une reconnaissance du travail de l’autre et de ses apports, permettait d’intégrer des idées, de construire du sens d’évoluer vers la recherche de solutions. C’est un élément important qui contribue à la régulation et l’évolution du travail collaboratif car il implique le rédacteur et ses pairs puisque chacun pouvait compléter par un système de couleur, le texte de base téléversé dans les documents du groupe.
Au niveau du climat social
Le groupe bénéficiait d’un climat social tout à fait favorable aux échanges. Jacques dés la première séance synchrone a su nous mettre à l’aise et donner le cap. Le climat était à l’écoute dans le respect des règles de la communication. Les silences en synchrone n’étaient pas pesants. Ils signifiaient le temps de la réflexion.
L’entraide était de rigueur et souvent le blog était un bon indicateur de l’état d’esprit de chacun à l’issue d’une activité, d’une étape qui venait de s’achever.
L’utilisation des différents outils de collaboration à distance (objectifs communicationnels et techniques). Les nombreux fils de discussion (36) et les quelques 300 messages postés témoignent de l’activité intense des échanges au sein du groupe 1. Nous pouvons établir un relation étroite entre le nombre des échanges et la réussite du travail collaboratif. Les forums participaient à l’échange d’information et constituaient le vivier de connaissances rassemblées au gré des recherches documentaires. Je pense que l’utilisation du forum a été la ressource clé dans la construction de notre communauté d’apprentissage.
Les séances synchrones sur Centra (9 au total) rythmaient chaque semaine le travail de construction. L’outil synchrone a permis la négociation des points de vue, les prises de décision, la répartition du travail.
Repérage des activités mises en oeuvre, identification des conditions favorables/défavorables au travail collaboratif
La constitution des groupes combinant des compétences différentes, des personnalités et expériences variées a contribué à l’émergence du groupe. La plupart des stagiaires avaient une approche ouverte et interdisciplinaire, une sensibilité au thème proposé. Il n’y avait pas de forte dissymétrie.
Le fait d’avoir préparé en amont la première séance synchrone (connexion, vérification audio, présentation) a permis de s’affranchir des possibles défaillances techniques.
La présence et le soutien du tuteur est primordial dans cette phase d’apprivoisement de l’outil.
Enfin, ses interventions au moment opportun dans l’apport de références, d’outils, de pistes ont été précieuses.
Mise en relation de ces conditions avec des caractéristiques du dispositif de formation La combinaison du synchrone et de l’asynchrone permettait de se caler sur un rythme que nous n’avons pas tardé à trouver car nous sommes tombés d’accord sur le fait que les réunions sur Centra étaient utiles pour les prises de décisions.
Suggérer des modifications du dispositif de formation INTI à la lumière de l’expérience vécue J’ai beau chercher, je ne vois pas de modifications à apporter. Juste une remarque concernant la dernière phase d’INTI. En effet, je n’ai pas bien compris la signification du vote. J’ai trouvé cette étape difficile car elle amenait une rupture dans le rythme. Certes, l’objectif était de prendre connaissance des autres productions, mais l’analyse d’une production de notre choix (telle que demandée) ne conduit-elle pas à aller explorer les travaux des autres groupes ?
Proposer l’utilisation de cette expérience dans un contexte différent Je pense qu’avec la loi du 11 février 2005 sur l’intégration des élèves handicapés, les classes virtuelles peuvent être des alternatives fortes dans le cadre d’établissements numériques et offrent la possibilité d’une réelle collaboration avec les parents, les professionnels de la santé. Les enfants musiciens ou sportifs de haut niveau appelés à des déplacements de courte durée, pourraient eux aussi bénéficier de ce dispositif
Ces modalités de travail collaboratif seraient intéressantes à développer dans le cadre d’un travail autour d’un projet commun avec des libraires, des bibliothécaires, des éditeurs, des documentalistes. Ce pourrait être la mise en place d’un défi lecture
inter établissements, ou bien le suivi de la production éditoriale en vue de proposer des outils comme des listes à thèmes (ex : « lecture d’une heure ») avec des activités.
La co-rédaction de revues avec des élèves et professeurs volontaires. La Bibliothèque du Travail chez PEMF (BT) confie à des élèves guidés par leurs professeurs la rédaction de leurs numéros.
TEMPS TOTAL / 78 heures
La constitution d’un groupe dans les premiers moments est d’une importance capitale pour sa dynamique future. Ce sont les stagiaires qui ont pris l’initiative du premier fil de discussion avant même l’arrivée du tuteur. L’impatience des participants à démarrer est manifeste. X3 ira même jusqu’à recopier les présentations des membres du groupe pour accélérer et faciliter les présentations dans le fil de discussion réservé à cet effet.
Le très fort taux d’échanges ira en progression constante sur le forum de notre groupe. Signe de vitalité déjà manifeste durant l’étape de définition et de précision du projet, au final ce seront 322 messages sur 37 fils de discussion. Ce travail collaboratif à distance s’établira notamment à partir d’un échange continu sur le forum asynchrone de Dokéos et une réelle volonté de mutualiser des ressources et des travaux personnels sur l’espace commun à disposition.
La motivation très forte ne laissera aucun répit au rythme endiablé du travail et des échanges. Le déroulement, le choix et la négociation des activités, le partage des tâches a conduit à une notion d’appartenance au groupe et de fierté du travail réalisé. Le groupe aura du mal à se séparer tellement l’implication a été forte.
Je suis impressionné par la quantité de travail fourni, la qualité de l'investissement de chaque participant et le résultat final obtenus.
Dans le cadre de l’activité INTI, je fais partie du groupe 2, constitué de sept membres originaires principalement de deux institutions différentes : l’Université de Franche Comté et la Division de la formation du Rectorat. Nous sommes tutorés par Michel . Le thème de travail retenu par le groupe était la mise en place d’une liaison entre des élèves de cours moyens et des élèves de sixième. Concrètement, il s’agissait d’imaginer une structure de travail collaboratif entre ces élèves, de prévoir une formation destinée aux enseignants appelés à la mettre en oeuvre et de formaliser le tout à travers un cahier des charges.
La formation INTI, visant l’apprentissage collaboratif à distance, s’étend sur une période de 12 semaines. Elle se compose de huit étapes, allant de la conception du produit de groupe au bilan collectif en passant par l’analyse réflexive de l’expérience vécue.
Les structures techniques choisies pour dispenser/suivre cette formation sont :
- la plateforme « Dokeos » intégrant un espace d’échange asynchrone (forum), un espace de stockage de ressources (documents), pour chaque groupe, en plus d’espaces communs à tous les membres de la formation (agenda, documents,partage de fichiers,…)
- l’application « Centra », pour les échanges audio – synchrones,
- le blog, espace personnel d’expression, ouvert sur « MSN ».
Il ne s’agit pas là, d’une expérience nouvelle, pour moi. En 2004, j’ai en effet participé à un dispositif similaire : Learn Nett.
Au fil de cette expérience INTI, je retiens quatre temps fort :
- le premier concerne la première réunion synchrone, correspondant au démarrage de l’action,
- le second porte sur le travail de co-construction du produit collectif, travail mené en individuel ou en sous-groupe,
- le troisième est relatif à la finalisation, publication de la production collective,
- le dernier est en cours, puisque c’est la mesure et l’analyse du chemin parcouru, et de la production réalisée.
A la lecture du sujet, j’avais ressenti quelques appréhensions. Elles étaient fondées sur une méconnaissance du public ciblé par le thème (élèves de primaire et du collège) et de la discipline retenue (les mathématiques). Mais très vite, la première réunion Centra m’a permis de cerner la problématique, de comprendre les orientations de notre projet de collaboration, et in fine d’adhérer à la dynamique impulsée ce jour là par Michel (tuteur du groupe et présentateur de la séance du jour). Sur un plan organisationnel, notre questionnement et la confrontation de nos avis, en synchrone, nous ont permis de nous entendre sur une méthode de travail : quels axes de recherches, quelle répartition des tâches, quelles échéances... Et c’est suite à ces échanges que j’ai pu planifier mon apprentissage (je me suis fixée des objectifs et imposée un rythme d’intervention). Sur un plan socio affectif, cette réunion revêtait un enjeux de taille, puisqu’elle correspondait au premier contact direct avec un groupe d’apprenants que je ne connaissais pas (premier pas vers la socialisation au sein d’une communauté d’apprentissage en construction). Enfin, cette première séance était l’occasion de découvrir un nouvel outil d’échange synchrone : l’application Centra (sous réserve d’avoir opéré quelques réglages préalables, la prise en main et l’utilisation de l’application est rapide et facile).
Remarque : cette réunion de lancement nous avait tous réunis.
L’étape de préparation individuelle du produit collectif fut le moment clé dans mon parcours d’apprentissage. Il se caractérisait par un travail strictement individuel qui consistait à recueillir et partager des ressources sur les points sériés de notre projet, mais le plus intéressant et le plus enrichissant fut le travail mené de paire avec X3 sur la construction des scénarii pédagogiques de formation. Le premier ressemblait à une tâche de coopération « basique » mais néanmoins indispensable au travail de groupe et à la construction du projet, le second correspondait réellement à de la collaboration.
Si le processus de collaboration s’est déclenché pour certains d’entre nous, c’est parce que le tuteur d’abord et l’ensemble du groupe ensuite, ont mis en place et entretenu un contexte favorable au travail collectif. J’ai vraiment le sentiment d’avoir travaillé en confiance, de manière structurée et concertée (la répartition des rôles et des tâches dans le groupe était toujours laissée à notre propre initiative). La forte implication « participative » de certains membres était particulièrement entraînante. La régulation opérée par Michel particulièrement adaptée (il s’est beaucoup investi à certain moment, plus retiré à d’autre, essayé de faire participer tous les membres..)
L’autre moment fort de cette aventure, c’est l’assemblage des travaux individuels, la finalisation et la publication de la production. Nous avions, pendant plus de quatre semaines, travaillé à l’élaboration d’une oeuvre commune. Chacun avait en charge de développer un point particulier du cahier des charges (puis je me suis absentée 15 jours). Avant mon départ, les différentes composantes du produit fini semblaient « dépareillées ». A mon retour, tout avait pris forme, s’articulait de manière fluide et logique. Le résultat était beau à voir et intéressant à exploiter. Même si je n’avais pas directement fait le montage (développé l’architecture du site, et intégré les différentes parties) j’ai eu un sentiment d’accomplissement, de fierté. Nous avions donné naissance à un
Enfin, je considère le travail métacognitif comme une étape fondamentale de la formation, puisque c’est l’occasion de prendre du recul par rapport à soi et au groupe, de se questionner, et surtout de mesurer son évolution dans le temps (de l’appréhension, à l’autonomie en passant par l’affirmation de soi). Grâce à ce travail, je m’aperçois que ma capacité à travailler en groupe, et de surcroît à distance, s’est améliorée (comparé notamment à ma première expérience Learn Nett). Je retiens de cette démarche que « collaborer » c’est contribuer aux apprentissages du groupe, et se nourrir, s’enrichir de la confrontation et de l’échange avec le groupe.
Je crois avoir encore progressé dans ma façon d’envisager l’utilisation du travail collaboratif dans mes activités au quotidien notamment avec des formateurs (acteurs de mes projets) géographiquement dispersé (en Bourgogne).
INTI est un dispositif conçu pour favoriser la collaboration entre pairs et permettre d’échanger et de partager des compétences autour d’un objectif de réalisation d’un projet commun. Dans ce contexte on attend des apprenants qu’ils contribuent à l’apprentissage du groupe et qu’en retour le groupe contribue à celui des apprenants.
Sur le fond et avec le recul on ne peut pas vraiment dire qu’à l’intérieur du groupe auquel j’appartiens il y ait vraiment eu ce processus collaboratif attendu par INTI. A mon sens le travail collaboratif va bien au-delà du seul fait de travailler ensemble. Parmi les causes possibles à l’inertie du processus collaboratif, l’absence de culture collaborative, les réticences, les idées préconçues sont, me semble t-il , des facteurs prépondérants. En matière d’apprentissage collaboratif, la motivation n’est pas un moteur assez puissant. Tant que le groupe est perçu comme secondaire, tant que les intérêts individuels primeront sur ceux du groupe, la collaboration sera sinon dénaturée, du moins affaiblie. Face à ces comportements, il parait difficile d’espérer la naissance d’un esprit de groupe quelle que soit la durée de l’expérience collaborative. La culture collaborative ou tout du moins la volonté de la découvrir (pour la condamner ou pour l’adopter) se posent comme un pré requis.
Le travail en groupe a cependant bien eu lieu mais tout se passe comme si, à défaut de pouvoir collaborer les membres du groupe avaient consentis, par dépit ou par obligation, à coopérer en prenant soin d’ajuster leur niveau de coopération à celui de l’investissement qu’ils étaient prêts à fournir.
Dans un groupe constitué de deux étudiants du Master FOAD, de XX, XY et XZ, on aurait pu pensé que toutes les conditions étaient réunies pour une collaboration sans faille. Tous ont une expérience significative de la formation à distance, tous maîtrisent les technologies de l’information et de la communication, tous ont approchés ou vécus des expériences pédagogiques. En fait dès la première séance synchrone le manque de disponibilité était invoqué, ce qui s’est finalement traduit par l’absence de volonté d’engagement, d’implication dans cette expérience. Les moins motivés n’ont pas pris soin d’exprimer leur point de vue dans le forum et il faut donc réécouter les enregistrements des séances synchrones pour comprendre qu’en fait l’un des membres avait plutôt un regard condescendant sur l’expérience en cours, qu’un autre justifiait son manque d’implication par le fait qu’il n’y avait pas de contrepartie financière et qu’un troisième enfin brillait par son absence.
Avant même qu’on puisse envisager de débattre, le processus de collaboration était mort né. Dans les deux premières semaines, le temps passé (pour ne pas dire perdu) à croire qu’il était possible de constituer un groupe significatif n’a pas donné les résultats escomptés. Réduits à trois et devant l’ampleur de la mission à accomplir l’expérience se bornait à une répartition plus ou moins équilibrée des tâches requises dans un tel projet et à l’assemblage final du produit du groupe. Sur le fond les comportements individuels déterminent l’avenir du groupe et la réciproque n’est pas nécessairement vraie. Sans une implication minimum, soit pour l’accepter soit pour le contester, le groupe ne peut pas prendre corps. Il n’a que l’existence virtuelle d’une trace écrite sur un contrat pédagogique. Je finis par croire que les intérêts individuels priment toujours sur ceux du groupe et qu’en conséquence ils déterminent la réussite d’une expérience collaborative.
Face à ce constat le tuteur reste impuissant et toute tentative de cimenter un esprit de groupe au-delà de la première semaine de l’expérience semble vouée à l’échec.
Dans ce contexte les pré requis cognitifs et techniques ne servent à rien et il est à parier que la collaboration aurait mieux fonctionnée dans un groupe fortement hétérogène. Je n’ai rien appris au groupe et le seul bénéfice cognitif que je peux tirer de cette première phase réside dans le fait de pouvoir mieux nuancer la distinction que l’on peut faire entre travail collaboratif et travail coopératif. En effet nous n’avons jamais réellement travaillé ensemble sur toutes les étapes du projet. Chacun était responsable de sa propre production qu’il soumettait à l’approbation des autres membres afin d’assurer une certaine cohérence du produit final. Mais en réalité la collaboration qui devait plus particulièrement s’exprimer dans les forums se réduisait à des échanges pratiques portant sur l’organisation du temps de travail et sur la validation du produit d’autrui. Nous sommes ici au cœur du travail coopératif. Le fameux conflit socio cognitif n’a pas vraiment eu lieu. Le fait de pouvoir, à l’issue de cette première phase, clairement identifier dans le produit fini le travail fourni par chacun est significatif du faible degré de collaboration dans le groupe.
A défaut de pouvoir collaborer nous avons réussi à coopérer et à ce titre je considère cette expérience comme un succès.
Quant à la collaboration intergroupe, il était sans doute présomptueux de ma part de vouloir l’initier en cours d’expérience. Une telle initiative doit être envisagée, me semble t-il, préalablement à tout démarrage d’une activité collaborative et figurer en bonne place dans le guide pédagogique. Je pense que cette initiative a été mal interprétée et n’a pas en tout état de cause donné les résultats et la dynamique de collaboration espérés. J’ai pour ma part plutôt assisté à des échanges tendus sur fond de compétition plutôt qu’à une réelle volonté de rétroagir sur le produit de l’autre de groupe. Je m’interroge d’ailleurs autant sur ma propre culture collaborative que sur celle des autres.
Le dispositif lui-même est à mon sens très performant et les améliorations que l’on peut apporter se comptent sur les doigts d’une main. Le blog reste un excellent outil qui sert moins de tableau de bord que d’exutoire pour exprimer ce qu’on ne souhaite pas réellement dire dans les forums. C’est à la fois un espace de défoulement et de réflexions connexes qu’il convient de maintenir pour les expériences futures. L’outil qui selon moi fait défaut dans une activité collaborative de cette nature est le Wiki. Un document, un scénario pédagogique en ligne que chacun vient compléter, corriger ou modifier en temps réel favorise et amplifie une collaboration finalement beaucoup moins évidente à mettre en œuvre sur un forum.
Mes préconisations portent plus spécifiquement sur le guide pédagogique auquel on devrait intégrer un chapitre sur la collaboration intergroupe que je crois pertinente. Sur la terminologie employée je pense que la notion de vote est à bannir. L’évaluation n’a pas le poids attendu dans cette phase et l’esprit de compétition ou d’émulation qu’elle suscite ne favorise guère la rétroaction et la collaboration entre équipes. Je pense en outre qu’il faudrait associer au guide la notion de contrat pédagogique et la notion d’engagement et d’obligation qu’un tel contrat peut sous-tendre. Enfin je n’ai pas vraiment de solutions pour entretenir la motivation et susciter l’intérêt de participants qui, pour la plupart venant des institutions éducatives, n’arrivent pas à mesurer l’intérêt cognitif d’une telle expérience, sauf peut-être à créer des groupes plus hétérogènes professionnellement et culturellement.
L’organisation technique et l’animation d’une séance responsabilisent indéniablement les participants. L’animateur (-trice) est obligé(e) de s’informer sur l’avancée des travaux, de lire les messages dans le forum du groupe, et de parcourir les documents déposés dans Dokeos pour assumer pleinement son statut de débatteur et d’arbitre. J’ai constaté à quel point la négociation et les prises de décision lors des réunions synchrones dépendent de la réactivité du groupe et de la préparation du tuteur à la gestion des échanges. Les personnes dont la présence fut bien rare n’ont par ailleurs pas orchestré de séance synchrone. Leur degré d’implication ne fut pas celui que j’espérais ni celui qui était fortement recommandé dans le guide pédagogique.
Pour ma part, j’ai apprécié mon rôle d’animatrice dans la mesure où je me suis sentie « actrice » dans ce projet. Mon investissement s’est par ailleurs traduit tout au long du projet à travers la création de fils de discussion, la soumission d’un cahier des charges au groupe, la mise en ligne d’outils de réflexion (typologie des usages TIC), la suggestion d’un modèle de présentation pour le scénario pédagogique, l’organisation et l’animation d’une séance synchrone, une participation régulière dans les forums, des interventions destinées à animer les discussions, et enfin le référencement de sites, la sélection et le partage de documents que j’ai entrepris de faire.
Cette expérience m’a démontré que le rassemblement d’apprenants adultes, pourtant tous engagés et liés par le même projet dès le départ, ne garantit en rien la constitution d’un groupe et encore moins sa dynamique et que tout groupe d’apprenants ne constitue pas une communauté d’apprentissage . Les activités de planification, de production et de présentation de la maquette ont été dirigées par 3 personnes, hormis le tuteur. Les interactions sociales avec les personnes extérieures au Master furent nettement limitées que ce soit dans les espaces publics (ex : forum) ou privés (email). Je me rends compte par ailleurs que je suis incapable de dresser une E-personnalité des personnes avec lesquelles je n’ai quasiment pas communiqué, leur présence sur l’espace de travail Inti fut trop rare.
Fort heureusement, le travail en binôme que j’ai réalisé pour la scénarisation de la formation est l’un des moments forts de ce projet. Ma partenaire et moi avons réussi à présenter un scénario cohérent en nous interrogeant constamment sur notre propre démarche, tant en communication synchrone qu’en asynchrone. J’ai obtenu des retours critiques sur mon travail, ce qui me manquait terriblement jusqu’alors. Les critiques argumentées que nous avons toutes les deux formulées m’ont paru judicieuses et surtout bénéfiques pour la progression de notre travail collaboratif. Nos échanges ont été extrêmement constructifs pour le projet. Nous avons pu confronté quelques uns de nos points de vue divergents, et arriver à un compromis.
Une dynamique motivationnelle et socio-cognitive, longtemps attendue, s’est finalement instaurée en groupe restreint ce qui a permis par la suite d’établir une communication propice à la structuration du produit final, de laisser libre cours aux échanges d’idées constructives et de favoriser la création de liens.
Des rencontres synchrones hebdomadaires se sont avérées nécessaire pour assurer le suivi des tâches et une organisation régulière du travail. La répartition des tâches a débuté à partir de l’ossature d’un cahier des charges que j’ai proposé. C’est à partir de cette étape que le noyau fort du groupe s’est formé.
On peut noter cependant que l’enthousiasme et l’énergie de ce que j’ai appelé « noyau dur » n’ont jamais faibli, même quand ils se sont retrouvés à deux pour restituer la production.
Si j’avais à porter un jugement sur notre fonctionnement global, je dirais qu’il y a eu synergie entre certains membres. Un avantage, mais aussi un inconvénient : le temps que certains stagiaires ont mis à se positionner a contribué à les rendre un peu « hors-groupe » dans la mesure où les autres ont, dans le même intervalle, renforcé leur cohésion. Ceci n’explique pas la faible implication de trois participants venus de la Difor, phénomène d’autant plus étonnant qu’il s’agit de professionnels de la formation dont l’implication aurait dû être beaucoup plus active (il suffit de regarder le suivi sur Dokéos pour s’en rendre compte). Je ne me sens pas le droit de porter un jugement sur les motivations (ou absences de ...) de chacun. C’est-à-dire que je ne ferai pas de compte-rendu de l’activité individuelle.
Je me contenterai de souligner le travail considérable, les compétences et la disponibilité de XX, XY et XZ. Je les remercie pour tout cela et bien d’autres choses encore : nous n’aurions pas pu proposer un tel projet sans la conjonction de leurs efforts et sans la complicité qui nous a fait avancer.
Moment difficile : comment faire pour que des participants continuent de participer et ne s’éloignent pas inexorablement ? J’ai essayé le courrier individuel pour relancer la machine : peine perdue (et je ne suis pas le seul à m’y être cassé les dents).
J’ai l’impression d’avoir souligné, dans mon blog, un point essentiel en matière de travail collaboratif : « Le fait de savoir que les autres comptent sur moi est une chose vivifiante, surtout quand on sait que l’on peut compter sur eux ».En guise de conclusion : « ... ces semaines ne furent pas spécialement faciles à vivre, même et surtout si elles furent passionnantes. Il faut dire qu'Inti est un compagnon envahissant. J'en ai passé des heures, à scruter la plate-forme, à parler tout seul à mon ordinateur, à me poser des questions, ... et je m'en pose encore. Ceci dit, je suis prêt à recommencer car la richesse d'une telle expérience est exceptionnelle : cette approche du travail collaboratif dans un groupe d'étrangers les uns aux autres, la difficulté de créer une unité, la confiance qui s'installe, les désillusions aussi quand des participants s'écartent, la recréation du nouveau groupe autour de son noyau réduit, la satisfaction du projet qui aboutit, et d'autres choses encore... Tout pour faire qu'il y a un avant Inti et un après. Tout pour qu'on se sente un peu moins béotien après avoir vécu ça. Vivement la prochaine session ... ».
Dès notre première réunion de groupe, nous avons trouvé l’idée d’une simulation globale pour le thème imposé à savoir le e-jumelage entre une classe en France et une classe en Afrique du Nord. Au départ, le concept de simulation globale n’était pas clair pour tout le monde. Il était donc important de fournir des ressources aux autres membres du groupe pour clarifier les choses. Ce premier travail fut une étape importante dans notre processus de collaboration puisque c’est à ce moment là que les idées sont venues, même si elles demeuraient confuses. Lors des différentes réunions Centra, nous avons beaucoup parlé ensemble, discuté des propositions de chacun afin de poser le pour et le contre. Le travail de groupe fut donc particulièrement collaboratif le premier mois dans le sens où chaque membre du groupe apporta son opinion et ses conseils sur le projet.
Le travail coopératif a été plus important notamment lorsque nous nous sommes répartis les tâches. Il était donc question pour chacun d’entre nous de créer une activité qui respecte le parcours établi ( à savoir un voyage qui partirait de Besançon pour s’achever au Maroc) Le résultat fut particulièrement probant et les activités ne manquaient pas d’imagination. Enfin, la planification de notre projet fut également une étape cruciale dans la réalisation du produit : Les documents fournis ont permis une scénarisation nécessaire. Nous avons pu ainsi éviter de nous perdre dans ce projet. Il nous a été plus facile de coopérer, d’apporter nos idées tout un respectant un plan de travail ( -> remplir pour chaque activité une fiche consigne ainsi qu’une planification de scénario selon un modèle préétabli)
Mes représentations, tant au niveau du produit qu’au niveau du travail collaboratif n’ont pas vraiment évolué. L’idée d’une simulation globale m’était apparue comme une évidence par rapport au thème donné. Cependant, le scénario a connu quelques modifications importantes. Grâce aux nombreux échanges sur le forum ainsi que des réunions synchrones, le parcours ainsi que les modalités de ce dernier ont évolué. En ce qui me concerne, j’ai toujours gardé un mot à l’esprit à savoir « Échange » Beaucoup d’idées étaient très bonnes mais elles ne tenaient pas compte de cet échange, qui plus est à distance.
Le travail collaboratif est une expérience d’apprentissage que je connais bien puisque je travaille de cette façon avec mes camarades du Master. Cependant, le fait de ne jamais avoir rencontré les membres de mon groupe a pu être un handicap puisqu’il a fallu beaucoup plus de temps pour apprendre à nous « connaître » et par conséquent nous approprier le sujet. ( ce fut un processus) Collaborer avec des personnes ne faisant pas partie de mon Master me semblait une très bonne idée. En effet, ils pourraient ainsi apporter un « plus » au projet, des connaissances nouvelles et souvent une manière de travailler différente. Je ne me suis pas trompée sur ce point : travailler avec ces personnes m’a beaucoup apporté. Je regrette néanmoins le manque d’enthousiasme de certains ainsi qu’un travail fourni plus ou moins équilibré. Il aurait été intéressant de proposer toutes les semaines un nouveau « chef de projet » dans l’équipe. Il est évident que cela aurait permis une meilleure gestion de groupe et des responsabilités partagées. Enfin, la dernière étape, à savoir l’évaluation a été un moment particulièrement difficile pour notre équipe. En effet, je n’ai jamais eu l’idée d’une compétition ( sans intérêt dans ce projet) entre les différents groupes et j’ai été particulièrement attristé d’observer cela avant et après le vote.
Cette formation Inti fut une très bonne expérience puisque je ne pensais pas pouvoir collaborer de manière efficace avec des personnes que je n’aurais jamais l’occasion de rencontrer. Cependant, même si le projet a abouti, il me semble important de pouvoir discuter ou rencontrer ces personnes en présentiel en début de formation. Le groupe aurait ainsi plus de facilités à créer rapidement une « communauté d’apprentissage » : permettre ainsi une meilleure cohésion, une production plus rapide du projet.
La formation Inti que j’ai pu expérimenter est la preuve qu’un projet peut être réalisable et porteur de sens avec une équipe de travail totalement à distance. Il serait donc profitable pour les entreprises nationales ( voire internationales) de proposer à leurs collaborateurs des projets visant à améliorer la compétitivité de leur société ou la qualité de vie des employés. A distance, ces salariés ( issus d’une même culture d’entreprise) pourraient mettre à profit leurs compétences et leurs expériences et donner naissance ainsi à un projet viable pour l’entreprise. Les projets les plus innovateurs pourraient être récompensés.
En tant qu’apprenant, il me semble que cette formation nous place dans des conditions plus que favorables pour effectuer un travail collaboratif. (Guide Inti, forum et documents du groupe sur Dokéos, Centra, blogs ...) En ce qui concerne les conditions défavorables, elles ne dépendent pas, à mon sens, du dispositif mais uniquement de l’engagement de chacun des membres du groupe dans le projet. Je me permets, à ce sujet, de vous faire part d’un échange que j’ai eu avec Nathalie , notre tutrice : « Et pour Pascal qui aime les rétroliens une première constatation : la production d'un travail tel qu'il était demandé nécessite que chacun des membres quel que soit son statut (on peut tout à fait concevoir des rôles différents : informaticien, ingénieur pédagogique, ingénieur de formation, formateur ...) s'investisse dans le projet dès le départ ... » ... et jusqu’à la fin du projet, ai-je envie d’ajouter ! J’ai en effet très mal vécu le fait que .. Face à ce comportement, il s’en est fallu de peu pour que j’abandonne totalement notre projet sur lequel, pourtant, j’avais et nous avions passé beaucoup de temps ...
Comme je l’ai écrit plus haut, le dispositif de formation est, à mes yeux, très bien construit. Le rôle du tuteur à distance y est bien défini et, il me paraîtrait bien dommage d’avoir à y ajouter la fonction de « gendarme » ! ...
Ayant, lors de ma « carrière » d’instituteur / professeur des écoles (25 ans déjà ...), vécu le passage de la notation sur 10 à l’évaluation des élèves par objectifs (Connaissances Acquises / En voie d’Acquisition / Non acquises), la partie de la formation de la semaine 9 « Vote Meilleure Production » devrait être, pour moi, revue ... tout au moins dans sa forme. Même si cela n’est certainement pas le but, le vote en lui-même prend souvent un caractère de jugement qui, de plus, comporte une grande part de subjectivité. Les quelques visites que j’ai effectuées dans les autres forums me laissent penser que nous avons été assez nombreux à avoir un tel ressenti lors de cette étape. Bien que disposant des critères d’évaluation proposés dans le guide Inti, le temps donné pour cette étape (1 semaine) m’a semblé bien court pour découvrir les 3 autres productions. J’ai trouvé dommage qu’il n’y ait eu que très peu d’échanges (aucun au sein de notre groupe) pour justement, évaluer objectivement ces productions et les faire évoluer, au moins au niveau des idées.
Je suis actuellement en ..., je compte bien mettre en pratique le fruit de cette expérience en créant un jumelage avec une autre classe ou, plus simplement, en faisant suivre à mes futurs élèves des parcours guidés sur Internet (Présentations Assistées par Ordinateur ou autres) afin de les amener à s’intéresser et à approfondir certains sujets (Le choix est large !) et cela, bien entendu, d’une manière collaborative ! Je pense en effet que cette « méthode » peut-être un très beau prétexte pour réaliser un véritable travail de groupe ... ce que j’essayais de faire (J’y arrivais même !) le plus souvent possible quand j’enseignais, afin de « combattre » l’individualisme que l’on rencontre, malheureusement, si souvent ...
Joli projet ! Il n’y a plus qu’à !
Le fonctionnement du groupe 3 a connu ce que l’on pourrait appeler des constantes et des variantes qui ont traversé les différentes étapes du travail. IL me semble particulièrement intéressant de les recenser avant de passer à l’analyse des différentes phases du travail du groupe.
Les constantes sont :
Les variantes sont :
- l’implication un peu tardive d’un des membres du groupe , absent lors des premières séances synchrones mais qui a su contribuer et participer pour rattraper son retard. A cet égard, les statistiques de connexion montrent aussi comment l’on peut suivre un projet sans intervenir. Cela dit, il faut du savoir-faire et faire preuve de certains
savoir être pour participer ensuite pleinement au projet.
- Des difficultés techniques pour deux des membres du groupe qui ont conduit à un abandon.
Lors de la première phase asynchrone, les étudiants du Master ont été plus prompts à réagir et à se présenter mais le message que j’avais laissé dans le forum du groupe n’a pas suscité beaucoup de réactions. Pour un des membres du groupe qui rencontrait des difficultés techniques, l’usage du courriel a permis de prévoir une séance de test avant la première réunion synchrone. L’ouverture d’un fil de discussion sur le thème de travail du groupe a d’abord été le lieu des interrogations et au début de la première séance synchrone, l’attente était forte. A l’issue d’une heure quinze de réunion, le consensus avait été trouvé et le groupe avait un axe de travail.
Très vite ceux qui avaient été les plus actifs lors de cette première réunion synchrone se sont montrés aussi les plus productifs en asynchrone, par leurs contributions dans les forums et dans les documents du groupe. Deux membres du groupe sont quasiment absents en raison de problèmes notamment techniques. Le suivi Dokéos montre cependant qu’ils suivent les travaux. Une partie du groupe n’a pas encore pris conscience de la nécessité de manifester sa présence en laissant même de courts messages dans le forum.
Au cours de la quatrième semaine, j’ai utilisé le courriel pour essayer d’inciter les plus discrets à rejoindre le groupe. A ce moment, j’ai craint que le groupe se réduise finalement à deux membres et un tuteur. Lors de la réunion synchrone suivante tous sont là mais avec, pour certains, des problèmes techniques qui nous font remarquer l’utilité du clavardage et notre habileté à manier deux outils en même temps. Cette réunion a été une occasion pour ceux qui avaient contribué de présenter leur travail et d’engager les autres à intervenir : je remarque qu’ils font preuve d’attention vis-à-vis de ceux qui rejoignent le groupe pour les intégrer dans la conception du projet.
Au cours des semaines suivantes, le projet prend forme et le groupe se stabilise. Le groupe doit gérer un abandon, ce qui n’est pas facile et un retour qui s’avérera très positif. Le tuteur décide d’apporter sa contribution au produit de groupe, surtout pour encourager ceux qui depuis le début ont beaucoup travaillé. Un détail, le tutoiement s’installe peu à peu dans le groupe, signe je crois de complicité plus que de familiarité. La réunion Centra 5 a été marquée par un « rappel à l’ordre » de la personne qui reste spectatrice ... Le groupe s’applique à gérer cette présence-absence en ayant soin cependant de continuer à confier des tâches à cette personne. Alors que dans les phases précédentes, il y avait eu surtout coopération, la phase qui commence est vraiment une phase de collaboration qui permet de donner forme au scénario pédagogique du produit du groupe.
Dans la phase de finalisation, en l’absence du tuteur (dernière semaine) les trois plus actifs s’organisent pour parvenir à un produit qu’ils considèrent comme représentatif de leur travail. ...La faible qualité de la présentation du produit du groupe n’a surpris ni les trois plus investis, ni le tuteur et je crois que tout le monde en a tiré des conclusions intéressantes sur les impératifs du travail collaboratif à distance.
Par rapport à mon expérience précédente de tuteur dans INTI, mon rôle a connu des constantes et des variantes. Un rôle proactif au départ pour passer vers un rôle plus réactif à la fin, peu d’interventions théoriques et une présence forte pour soutenir la motivation et essayer de convaincre ceux qui sont moins impliqués de participer davantage, tels ont été les points communs avec mon expérience précédente.
Cette année, je me suis impliquée dans la production du groupe, ce que je n’avais pas fait l’an passé. Pendant une période de trois semaines au moins, deux des membres du groupe se sont retrouvés très seuls pour proposer des contenus. Ils ont évoqué cette solitude et l’ampleur de la tâche à accomplir, en l’absence de contribution des autres et de certitude quant à leur participation future, j’ai donc décidé de les aider un peu.
La présence virtuelle et l’absence réelle d’un membre du groupe m’ont conduit à avoir des interventions (un courriel et une intervention en séance synchrone) qui ont plutôt pris la forme de rappels à l’ordre, ce que je ne concevais pas comme une des composantes du rôle du tuteur. .. J’ai considéré que mon rôle consistait aussi, à partir du moment où cette répartition avait été acceptée par tous, à inciter chacun à tenir ses engagements. Ainsi ceux qui travaillaient le plus pouvaient produire, me semble-t-il, plus sereinement.
Je retiendrai de cette expérience INTI 2006 que le tuteur ne peut s’octroyer de vacances si le groupe n’en prend pas. Le fait de devoir rendre un travail pendant une période de vacances est un exercice difficile. Je pense que j’aurais dû, au cours de la dernière séance synchrone avant la publication des travaux être plus directive et rappeler de façon encore plus nette les consignes du guide INTI pour le produit du groupe...
Pour conclure, cette expérience a néanmoins été très positive pour moi. Sur les outils, j’ai découvert une nouvelle plateforme et l’usage du blog m’est devenu très familier. Malgré XXX, l’ambiance du groupe a toujours été très cordiale ce qui a aussi favorisé le travail collaboratif.
Estimation du temps de travail 96h50